Laragne 2009
Laragne 2009
Travail durant le symposium internationale sur Gypse de Laragne



-  Indisponible -

Sculpteurs

Paola Palmero

27, rue Etienne Dolet
75020 Paris - France
Paris

+330664896051
atelierpaola@bbox.fr
Site web
Contact
 
Code de sécurité à recopier

=>
Le travail de la pierre est un continuel défi, une prise de décision irrémédiable.
La pierre, la main, la pensée : « La main pense et unit la pensée à la matière » Brancusi.
Par seul retranchement, l’espace de la recherche semble réduit et à la fois un infini s’ouvre devant moi chaque fois que je commence une sculpture.
C’est une joie intense de voir surgir la forme que je porte en moi et à la fois quelle angoisse de taper, caresser, râper la pierre et de voir que cela se rapproche… mais que ce n’est pas encore ça… de quel côté faire évoluer la gradine pour que cela vienne toucher la juste émotion ; celle de nous tous.
De toute évidence quelque chose me lie au « corps », à son expression, à sa nécessité d’exister. Je suis sensible au mouvement de la peau, au muscle qui s’étire, à l’os que l’on perçoit.
Le corps est la toute première chose que l’on «  naît » et que l’on « est » et tout à la fois la première chose qui nous met en relation avec le reste du monde.
Le début de mon travail s’organisa ainsi : de manière très académique, sculpter le nu en pierre - avec un modèle vivant dont je m’inspire pour la pose, pour l’harmonie des lignes, ou sans modèle, avec directement la vision de la pose - c’est risquer de ne pouvoir sortir les proportions qui amèneront à cette harmonie. Mais l’harmonie du volume ne suffit pas. Un volume sans émotion, ou sans musique peut être esthétiquement parfait, mais il ne parlera pas.
Les années passants, je m’éloigne de ce travail classique et romps le modèle (mais pas l’idée du corps) aspirant ainsi à une lecture du volume plus directe moins codifiée.
De fait : des œuvres moins figuratives, plus intimes, des contradictions entre arrondis et angles.
Prenant le parti d’avancer, d’évoluer, de risquer, sans trop penser l’ « après » de me laisser influencer par les rencontres qui font la vie, mes cailloux sortent, plus violents, plus bruts : du fer dans la pierre et des corps scandés, entre-ouverts par l’acier ; mais telle une vague, le poli revient radoucir un « temps ». Temps de travail.
Je suis une femme qui travaille, qui évolue, qui cherche et qui se cherche, qui doute et qui confirme encore une fois cet élan vers la pierre.
Après tout cela je retiens une chose essentielle : ce point de rencontre entre la matière et soi, entre l’esprit et soi, ce moment magique où toutes les facettes d’une seule personnalité s’emboîtent les unes dans les autres pour ne plus faire qu’un, un moment unique où la vie acquiert tout son sens.

La démarche vers l’abstraction n’est pas un reniement du figuratif. Ce n’est pas en opposition que je m’y place. C’est une évolution nécessaire que d’aller explorer d’autres dimensions, d’autres réflexions, d’autres volumes, d’autres expressions. C’est par une première pensée figurative que naît l’abstraction. Pour ma part c’est dans le corps que réside cette pensée, point de départ de la vie, de l’émotion, de l’échange, de la souffrance universelle.
L’abstraction est une vision plus directe du volume et de la pensée, mais il semblerait que le danger soit l’appauvrissement de ce regard. De part cette difficulté, l’émotion s’éloigne souvent et vient à être remplacée par le concept. Il me faut rester alerte et me maintenir dans l’idée de mouvement et de recherche constante… l’essence même de ce qu’est l’être humain.
Retour


 

  Galerie d'art contemporain, inscription gratuite