Mixed Media

Marcel Dinahet

France
Ille-Et-Vilaine

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Né en 1943
Est représenté par la galerie Le Sous-sol à Paris

Vit et travaille à Rennes (France) et sur le littoral

Le domaine d’investigation de Marcel Dinahet - littoral et fonds marins - en a longtemps fait une figure atypique de l’art contemporain. Si ses premiers travaux abordaient plus spécifiquement - et de façon originale - la sculpture, avec des expériences d’immersion d’objets , le passage au médium vidéo marque pour l’artiste à la fois l’aboutissement d’une recherche et son inscription formelle dans des préoccupations tres actuelles.


L’installation vidéo Les Finistères, version Newlyn, 1998, rend compte d’un projet bâti autour de ces ” fins de terre’’ qui jalonent les littoraux. Du Cabo da Roca, au Portugal, au Cape Wrath, au nord de l’Ecosse, Marcel Dinahet a construit un itinéraire à partir de cartes marines, itinéraire qui prend corps sur les lieux mêmes, avec une attention toute particulière accordée au trajet précéant l’arrivée à destination. Car l’objectif est, pour l’artiste, de filmer lui même , à chaque étape les fonds marins, le travail préparatoire mené sur place pour prendre la mesure des données climatiques et de l’identité du site joue un rôle essentiel dans l’œuvre.

Ainsi Les Finistères , version Newlyn font alterner séquences sous-marine et terrestres. Les séquences sous-marines, silencieuses ou rythmées par la seule respiration du plongeur, sont animées de ce mouvement très particulier que donne la caméra vidéo utilisée par l’artiste non comme un prolongement du regard mais du corps. Placée sur le ventre, la caméra ne répond plus à la logique du viseur, mais au corps qui flotte ou épouse, dans son déplacement, la configuration des fonds marins. Par contraste, les séquences terrestres rendent compte de façon parfois presque triviale des moments d’approche du lieu d’élection, précédant la plongée: une voiture qui roule, le temps est gris, une émission radio trop bruyante perturbe l’environnement sonore… D’autres passages en extérieur sont en revanche annonciateurs de la fluidité du monde sous-marin, depuis la pluie qui ruisselle sur un pare-brise jusqu’aux vues intermédiaires et instables prises par la caméra entre ciel et eau. Entre deux séquences, un noir vient scander le déroulé de la bande ; comme une respiration. Il met en exergue ces points de rencontre et de rupture entre élément aquatique et terrestre, que Marcel Dinahet rend sensibles.


Si les fonds sous-marins sont les lieux par excellence de la perte des repères, Marcel Dinahet explore ce déséquilibre dans les œuvres plus récentes en s’emparant de phénomènes physiques. Rotations, 2000, met à l’épreuve nos sens en présentant des images filmées à partir d’une voiture qui opère inlassablement un mouvement circulaire. La sensation de vertige qui nait de ce dispositif, tres éloignée du basculement presque grisant propre aux profondeures marines, semble ouvrir un champ nouveau à ce questionnement incessant des limites, résolument au cœur de l’œuvre de Marcel Dinahet.

Sophie Duplaix.

- Sophie Duplaix est Conservateur au MNAM Centre Georges Pompidou.
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  Galerie d'art contemporain, inscription gratuite