TOUT CE QUI EST SOLIDE SE DEFAIT DANS L’AIR
TOUT CE QUI EST SOLIDE SE DEFAIT DANS L’AIR
HUILE SUR TOILE- 162 X 260 CM- 2008

Peintres

Eliana Minillo

rua Nova Cidade, 354
04547-071 São Paulo - Brazil
São Paulo

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Certainement, l’art d’Eliana Minillo, artiste italienne vivant au Brésil, serait facilement, et trop abusivement, identifiée comme un nouveau bourgeon de l’art abstrait. Il faut dire qu’a priori, ses œuvres en présentent toutes les caractéristiques. La figuration comme copie servile du réel lui est totalement étrangère. Chacun verra sa préoccupation à souder dans un même plan forme et couleur, son souci de les faire chanter d’une même voix pour exprimer sa propre vision de l’univers. La variété des supports et des techniques révèle une virtuose sachant jouer de tous les matériaux avec une facilité déconcertante. Aux peintures et collages, s’ajoutent ses réalisations de reliefs polychromes, point d’orgue dans sa production, dans lesquels Eliana Minillo opère une synthèse aboutie des trois arts plastiques, peinture, sculpture et architecture… Cette touche-à-tout de génie y déploie son alphabet fondé sur les teintes sourdes jouxtées avec les figures élémentaires de la géométrie : rectangle, triangle, carré, cercle, losange…
Eliana Minillo revisite l’histoire de l’art moderne avec gourmandise.
Ici, l’espace organisé en fonction des qualités dynamiques des couleurs disposées en aplats se souvient de l’abstraction géométrique d’Auguste Herbin ; là, derrière les formes végétales entrelacées où évoluent des figures mythiques, se cache Wifredo Lam ; et l’on pourrait aussi rendre à Hans Hartung ces vastes espaces d’une profondeur vibrante qui ont fait sa notoriété… A l’instar de Bach faisant du Bach avec du Vivaldi, Eliana Minillo fait du Minillo avec ses illustres prédécesseurs ; car le miracle se reproduit systématiquement : elle « prend tout » mais on ne voit qu’elle, on entend qu’elle !… Derrière de tumulte des références, par-delà les techniques et autres « cuisines plastiques » qui, au bout du compte, ne nous intéressent guère, se révèle l’espace poétique de l’artiste. Seule, cette poésie compte pour nous. C’est elle qui nous a si fort ému, impressionné au premier coup d’œil. C’est elle qui nous permet d’affirmer qu’Eliana Minillo n’est pas un peintre abstrait. Ou pas seulement. Transcendée, la réalité est bien présente. Les titres des œuvres, évocations de multiples sources littéraires, témoignent de cette réalité poétisée à l’extrême. Une poétique imbibée d’eau et du feu, de « l’aujourd’hui » et de « l’autrefois ». Eliana Minillo révèle sa poétique suffocante, emplie de solitude éperdue. Le vide urbain résonne du glas de toute existence, comme en écho au palindrome latin célébré par le situationniste Guy Debord : In girum imus nocte et consumimur Igni. « Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu. »
Noël Coret - Ecrivain d’Art et Président du Salon d’Automne de Paris
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